En 1987, Sorj Chalandon est reporter et il mène une enquête en marge du procès de l’ancien nazi Klaus Barbie, qui doit prochainement se tenir à Lyon. Sorj se rend à l’école primaire d’Izieu, où 44 enfants et 7 adultes ont été arrêtés par la Gestapo le 6 avril 1944, avant d’être déportés et exterminés dans un camp de la mort. Une gardienne lui ouvre et lui fait visiter le site. Sorj est ému et il s’installe à-même le jardin pour écrire ses notes et préparer son article. Il est d’autant plus troublé qu’il s’interroge sur les actes de son propre père, qui a vécu cette période dans sa jeunesse et qui raconte des souvenirs parfois incohérents. Il se doute qu’au vu des pérégrinations étranges qu’il relate, son père était plus du côté des collabos que de celui des résistants. Il a gardé en mémoire les mots de son grand-père prononcé en 1962 : « Ton père, pendant la guerre, il était du mauvais côté. Je l’ai vu habillé en allemand […] Il faudra bien qu’il apprenne un jour qu’il est un enfant de salaud ». Sorj rumine ce passé peu glorieux depuis sa jeunesse et sait qu’il est impossible d’évoquer ce sujet avec son père sans qu’il s’emporte violemment…
Un trait simple, des couleurs sombres, un témoignage poignant qui interroge le devoir de mémoire et les relations filiales. Un bel album !
Virginie



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