Printemps 1940. Alba, 14 ans, et sa famille sont internées dans le camp des Alliers, non loin d’Angoulême. Ils sont des centaines à suivre ce chemin car un décret interdit la libre circulation des nomades. Ils sont dangereux, paraît-il. À cette époque, comme aujourd’hui d’ailleurs, on trouve que les Manouches sont des individus malfaisants et dangereux. Alors on les cache, on les enferme et, comme tant d’autres exclus, on les affame, on les maltraite, qu’ils soient enfants, mères, pères, vieillards, parce que ce sont des « sauvages ». « Sauvage » cela signifie : « qui vit en liberté dans la nature – non domestiqué. » La petite Alba veille sur sa tribu. Et c’est dans une seule pièce qu’elle devra vivre avec père, mère, frères, tante, sans roulotte, sans chevaux, mais avec le froid, la faim, la crasse, la boue, la maladie, le désespoir qui parfois emporte tout. Et l’attente, interminable. C’est avec ce petit monde affamé et désolé qu’elle grandit. Malgré l’effroyable odeur de la guerre, malgré la faim, malgré les morts, Alba est l’incarnation de l’espoir. Parce que les Gitans fabriquent de l’espoir avec pratiquement rien, parce qu’ils savent redonner vie avec un bout de bois et avec un morceau de chiffon changer le monde.
Un très beau livre qui rend hommage au peuple gitan, avec beaucoup de tendresse et de retenue. On rentre dans ce pan de l’histoire mal connu, dans le quotidien de ces familles privées de tout, dans la misère profonde, mais aussi dans la fierté de ce peuple libre malgré tout. À lire vraiment.
Virginie

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