Lorsque Maylis de Kerangal, la nuit, dans sa cuisine, entend à la radio ce 3 octobre 2013 l’annonce de la catastrophe de Lampedusa, pour elle cette île minuscule, ignorée, sicilienne, à un jet de pierre des côtes tunisiennes, un écartement de doigt de la Libye, était le fief du beau Burt Lancaster, aristocrate déclinant, dans Le Guépard de Visconti. C’était le roman éponyme de Giuseppe Tomasi di Lampedusa. C’était une certaine image de l’Italie, une île perdue, presque fantomatique, qui convoque à chaque évocation les esprits fantasmés de personnages réels et qui amène à la divagation le long des îles méditerranéennes, remontant des voies maritimes pleines d’histoires et d’images disparues et réécrites.
Un tout petit livre beau et poignant. On suit les méandres de la pensée de l’auteur qui part au fil de l’eau et des voyages, tout ça à partir d’un petit mot et d’une grande catastrophe. C’est magnifiquement écrit.
Virginie

Laisser un commentaire